|
|
Carnet de création de "L'atelier
du peintre" L'ATELIER DU PEINTRE. Autant vous donner un titre tout de suite, ça
nous économise de l'énergie et aujourd'hui, c'est le maître
mot.
L'atelier du peintre, donc
Tu connais "Les
Ménines"? C'est un tableau de Vélasquez, qui le
représente en train de peindre. Vélasquez se peint regardant
celui qui regarde le tableau. Ce qu'il peint, on ne le voit pas. Et tout
au fond, il y a un miroir et dans le miroir, on aperçoit le reflet
de deux personnages, on devine que ce sont ses modèles. Dans cet
échange de réel, de miroirs de regards, d'aller et retour
entre l'uvre, l'artiste et le spectateur, entre ce qu'on voit et
ce qu'on devine, entre le mystère et la représentation du
mystère, il y a toute la magie et l'essence du spectacle. J'avais envie de miroirs, de double, de représentation,
de réflexion sur la représentation. J'avais envie de plâtre,
de blanc, de statues et de terres. Avec un s. J'avais dans la tête
des lumières et de l'obscurité, des lampes de poche, de
la lumière matière. Mais au début d'un spectacle, quand on
tient quelque chose, on ne tient rien. On a des trains qui passent dans
la tête, qui n'ont jamais la même couleur, ni les mêmes
wagons. Et puis pas que. C'est un peu comme les cartons dessinés
à l'école de notre enfance, le carton marqué "les
transports" : dans tous les sens il y a des trains (même une
Micheline toute neuve), des tracteurs, la bicyclette du facteur, un paquebot
(France, bien entendu). Des avions, des bateaux même, des voitures
(on les connaît toutes), même des patins à roulettes.
Et ça circule sur le carton. Le monde est moderne, il va nous appartenir.
Et on va aller dans tous les trains, tous les avions, tous les bateaux,
toutes les voitures même de sport comme au cinéma ou à
la fête foraine. J'ai taillé mes rosiers (si vous ne l'avez
encore fait, c'est pas grave, il reste du temps), j'ai un truc dans les
cheveux, je le prends : c'est une grosse épine de rose (pas de
cheval, merci). Je m'aperçois qu'elle ressemble à une griffe
de tigre, comme les gens du cirque en portent en sautoir. Je devrais me
faire monter un bijou avec une griffe de rose, mais j'ai peur que ça
fasse un peu ... Non ? Dompteur de rose, c'est beau, mais d'un côté
pas trop viril et de l'autre, maintenant que "Le petit prince"
est un conte pour bobo dans l'imaginaire critique de ceux qui font l'actualité
de la pensée moderne, je ne sais plus trop.
PS : j'ai jamais fait de photo de ma vie, mais
pour le blog, j'ai acheté un appareil. Ah ah ! |