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Le Cirque Plume n'a certainement pas besoin
de recommandations. Après cinq ans de silence, il revient avec
une nouvelle création, L'atelier du peintre. Un univers à
découvrir et à redécouvrir, à partager ou
à se réserver.
Quel autre haut lieu de création que l'atelier d'un peintre ? Nombril
du monde de l'imaginaire, carrefour où muses, lubies et fantasmes
ergotent jusqu'à plus soif, plateau tournant où se mélangent
couleurs et textures, traits et mouvements, cadres et figures, le royaume
de l'artiste solitaire en face à face avec son chevalet était
et reste une source d'inspiration, tant pour celui qui y loge que pour
celui qui s'y rend.
Bernard Kudlak et ses compagnons de circassiens-comédiens-musiciens
y plongent la tête la première accompagnés de leur
batterie de techniques : Kristina Dniprenko virevolte dans sa roue allemande,
Laura Smith flotte au-dessus de son trampoline, Antoine Nicaud vole accroché
à ses sangles aériennes, suivi de près par Chelsea
O'Brian. Eux et tous les autres cachent un, voire deux ou trois instruments
musicaux dans leur poche, magnifiquement orchestrés par le maestro
Robert Miny. Pendant que défilent les incontournables disciplines
circassiennes, que la poésie revisite pour les faire entrer sans
hiatus dans l'espace pictural, et tandis que la musique enivre et que
le mouvement émerveille, des intermèdes de clown viennent
s'intercaler entre les différents numéros, avatars d'une
structure dramaturgique traditionnelle, occasions incontournables de retrouver
ce rire bergsonien que l'on ne se lasse pas de critiquer en public et
d'adorer en privé !
Déclinant à l'infini les jeux de cadrages et de miroirs,
prenant librement appui sur Les Ménines de Velázquez, citant
un Jésus de Dali ou rebondissant sur une référence
à un Magritte en apesanteur, se moquant sans fioritures de la transe
dont doit être habité le geste créateur, le Cirque
Plume fait une fois de plus preuve, au-delà de sa rigueur technique
absolue, d'une capacité d'innovation étonnante. Poésie,
technique et humour trouvent dans chacune de leurs créations un
nouvel équilibre toujours surprenant à (re)découvrir.
Après Plic-Ploc, véritable symphonie autour de l'eau, spectacle
d'une esthétique recherchée et d'une poésie subtile,
le Cirque Plume retrouve avec L'atelier du peintre le plaisir enfantin
de patauger dans les matériaux, de se barbouiller de peinture,
de tout éclabousser sans but ni dessein, renouant dans cet apparent
désordre avec une sorte de primitivisme créatif. Ludique
avant tout, drôle de surcroît, le spectacle est accessible
dès 5 ans.
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