Ouest France
4 octobre 2013

Caen. On a vu le Cirque Plume

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Le cirque Plume est pendant plus de deux semaines à la Colline aux Oiseaux dans le cadre de la saison Hors les murs du théâtre de Caen. À l’occasion de ses 30 ans, la troupe présente son nouveau spectacle Tempus Fugit ? Une ballade sur le chemin perdu.

Dans le chapiteau de mille places, on se sent vite submergé par la foule. Le climat est lourd, les gouttes de pluie tombent ardemment, les enfants gigotent, la foule s’impatiente. Les quelques éléments de décor nous plongent rapidement dans un univers qu’on soupçonne hors du temps. Une boule de verre se balance, un vieux piano plane, un bidon de ferraille traîne.

Puis, le noir total, la voix chaude de Bernard Kulak nous invite au voyage. D’un tas de ferrailles, sort un drôle de personnage accompagné au piano par un chant rauque. Une troupe de gais lurons musiciens et colorés le rejoint. C’est tout de suite la fête. Chacun sa couleur, chacun son instrument, chacun son don. Un petit monde naïf et joyeux s’ouvre à nos pieds.

Hausser le réel d’un ton, c’est exactement ce que fait le cirque Plume. De petits riens, ils font quelque chose de merveilleux et réussissent à convaincre le public que le bonheur est fait de choses simples. Une boule de lumière comme jeu, un chapeau miraculeux, une barre de fer comme ami, une corde tendue comme ennemie. Les objets sur scène se transforment ; les verres deviennent instruments, la jupe se métamorphose en toupie. À la fin, le cirque nous offre un ultime moment de poésie avec un bal de boules de lumière dont on voit parfois naître un serpent imaginaire.

De la délicatesse, de la tendresse, de l’humour, de la légèreté et du talent, bien sûr, donnent envie de revenir encore et encore. Mais chut, on n’en dit pas plus, le mieux est d’aller voir cela de ses propres yeux. Rires d’enfants, applaudissements chaleureux, on sort du spectacle tellement ressourcé qu’on en est léger comme une… plume.

Caroline MALCZUK