Le Progrès
27 mai 2017

Cirque Plume dévoile sa magique Dernière saison

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Elle était très attendue. Depuis mi-mai, le Cirque Plume livre son ultime création au public de Besançon avant de venir le présenter aux Nuits de Fourvière, pendant plus d’un mois. On a vu La Dernière Saison. On a adoré.

Sur les gradins du grand chapiteau, les pieds impatients des spectateurs marquent le rythme. Trônant impassiblement au-dessus de la scène, une majestueuse branche d’arbre se dénude de ses feuilles rougies par le temps en une pluie silencieuse. Soudain, l’obscurité tombe. Puis des lueurs énigmatiques, puis la musique… Le règne des faunes, bécasses fantaisistes et autres drôles de créatures de la forêt peut commencer.

Bienvenu dans l’univers unique du Cirque Plume qui livre, depuis le 19 mai, son ultime création au public de Besançon.
Une Dernière Saison que le public des Nuits de Fourvière pourra découvrir à son tour dès le 30 juin, pendant un peu plus d’un mois, au parc de Parilly. Un très, très beau cadeau qu’il faudra savourer lentement des rétines et du cœur, sans en manquer le moindre détail, la moindre image, la moindre trouvaille géniale.
C’est écrit : à l’issue de cette tournée, après plus de 30 ans d’existence, le Cirque Plume pliera définitivement sa boîte à poésie. Irrémédiable ? « Vous voulez savoir si, à la dernière minute, je vais changer d’avis ? Mais je n’en sais rien », sourit le directeur artistique, Bernard Kudlak. « Ce qui est sûr, c’est que le rendu de ce spectacle est super-bien abouti. D’habitude, au début d’une création, il y a toujours des choses à changer, à régler. Là, non. Je suis vraiment, très, très content ». Et c’est vrai qu’on a du mal à croire que La Dernière Saison n’a que quelques jours de vie devant le public (nous avons assisté à la représentation du 20 mai, un jour après la première).
Il y a cette funambule qui joue les équilibristes sur des bouteilles, il y a ce numéro hallucinant de mât chinois sous la lune de l’hiver, où l’on croirait presque l’artiste en train de léviter dans le ciel glacé. Il y a ce jongleur de plume, ce danseur sur l’eau. Il y a aussi cette femme caoutchouc, star d’un magnifique bal de printemps…

Des moments de grâce à foison où la musique originale de Benoit Schick tient un rôle important, le tout entrecoupé de numéros tordants de malice, grâce, notamment aux talents polymorphes de Cyril Casmèze.

De l’automne, à l’hiver, au printemps, à l’été, jusqu’à la 5e saison, la troupe du Cirque Plume nous fait passer par toute une palette d’émotions. Un voyage que l’on vous recommande de ne pas manquer.

"Le rendu de ce spectacle est super bien abouti. Je suis vraiment très, très content" Bernard Kudlak, Directeur artistique

« L’idée de créer quelque chose autour de la nature, de la forêt, des saisons m’est venue juste avant Tempus Fugit (2013, N.D.L.R.). La forêt, c’est elle qui nous a vus naître et évoluer. On a toujours été branchés sur la campagne. Surtout, il y a beaucoup de choses semblables entre le cirque et la forêt. Tous deux sont des lieux de marginalité. Il y a un peu plus de deux ans, j’ai commencé à imaginer des scénographies, à me documenter. J’ai lu des ouvrages de Wilson (un botaniste britannique du XIXe-XXe siècle), Une histoire de l’hiver , des recueils de poésies, des livres sur la peinture chinoise… Et je me suis beaucoup baladé. Rapidement, j’ai su que je voulais commencer par l’automne. Je dessinais chacune des scénos. Sur cette base, Benoît Schick a commencé de composer la musique. Et j’ai entamé les castings. On dit qu’on recherche des artistes, on reçoit des vidéos. J’en ai eu plus de 400, j’ai rencontré une quinzaine d’artistes. Ils nous montrent leur numéro, on les fait improviser. Dès octobre, on a commencé à travailler. On a essayé de voir si ce que j’avais imaginé marchait. J’ai fait ramasser des paquets de feuilles d’arbres, j’ai cherché LA branche qui tiendrait, en quelque sorte, le rôle principal. J’en avais repéré à plusieurs endroits de la forêt. Finalement, je l’ai trouvée dans mon jardin : c’était la branche de mon noisetier. On a validé l’automne, l’hiver. Chaque artiste nous a proposé son numéro, on a cherché à l’intégrer. Il y a eu des propositions, des improvisations, des délires qui ont été retenus. Notre histoire, a toujours été un partage. On a toujours voulu rendre le public créatif. On lui présente une page qu’il peut ensuite interpréter comme il veut, de retour chez lui ».

Céline Bally