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Pour son retour à Paris, après
de multiples tournées aux quatre coins du monde, le Cirque Plume
a choisi l'eau pour thème central de sa nouvelle production. Plic
Ploc est une histoire de fuites, de gouttes tombant sur le plateau ou
des casseroles, de glissades le long d'un rideau humide, de parapluies
transformés en bêtes féroces. L'idée en est
venue à Bernard Kudlak, fondateur de ce collectif historique "nouveau
cirque", lors d'une série de représentations au coeur
de New York, en juillet 2001.
Dérèglement intérieur. Comme l'indique le
programme : "Un immense dispositif de tuyaux extérieurs climatise
à 23° centigrades sous toile, température acceptable
pour le public de la Grosse Pomme. Pendant ce temps, le président
des Etats-Unis refuse de signer le protocole de Kyoto, qui lutte contre
le dérèglement climatique." Le directeur artistique
imagine donc un dérèglement climatique intérieur,
comme si le chapiteau se mettait soudain à prendre l'eau.
Joué pendant plus d'une année avant de rejoindre La Villette,
Plic Ploc est une machine bien huilée. Les acrobates, dans leurs
portés ou à la bascule, affichent une maîtrise proche
de l'excellence. Un groupe d'inspiration world joue en permanence sur
scène, rythmant les différents tableaux et mouvements :
les volutes de houdou, les incantations enflammées, les grincements
de synthé et les flip flop de l'eau scandent les entrées
et sorties de la compagnie, soudée comme un seul homme.
"Standing ovation". C'est une pièce d'une finesse
rare, où les métronomes semés sur la scène
répondent à la pluie qui coule du plafond, les effets de
prestidigitation aux jeux de réverbération sur la toile.
Un homme en ciré s'envole sous les bourrasques de vent, une jeune
femme se love dans des chapelets d'anneaux, et Kudlak frôle la perfection.
Un couple dessine un coeur sur la scène, Gisèle se débat
avec sa tuyauterie, et le public finit en standing ovation, prêt
à se dévêtir pour communier.
On peut tout aussi bien ne pas se sentir concerné par cette mêlée
d'images un peu tartes. Et passer le temps de la représentation
à faire le vide dans sa tête, dans un accès de méditation
bouddhiste.
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