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La poétique des fluides Une
émotion primitive. Voilà ce qu'on ressent en assistant, les châsses écarquillés
à se les faire gicler des orbites, à une représentation de Plic Ploc,
la dernière création du Cirque Plume. Une
émotion qui ne nous renvoie donc pas simplement à notre part d'enfance
(laissons cette facilité aux "Disniaiseries" de saison), mais
à nos derniers atomes de sauvage panthéiste, fraîchement sorti de sa caverne,
qui explique l'inconnu par la magie. Comme
Tim Burton avec son Ed Wood ou Quentin Tarantino avec ses Kill
Bill, parce qu'ils traduisaient une foi absolue dans la puissance
de leur art, ont pu nous faire dire : « Le cinéma, c'est ça ! »,
Plic Ploc et son merveilleux chef d'orchestre Bernard Kudlak nous
font bondir de notre fauteuil de spectateur avec un point d'exclamation
au-dessus du sourire : « Ça, c'est du cirque ! » A croire qu'on
n'en avait jamais vu avant... Comment voulez-vous dès lors que l'émotion
soit autrement que nue, instinctive, primitive, oui, encore une fois,
dépourvue en tout cas de tout parasitage intellectuel ? C'est magique
parce que c'est beau, c'est beau parce que c'est magique, un point, c'est
tout. Allez expliquer, après ça, le merveilleux... Faut-il tout de même
tenter le coup ? Au
final, c'est un vaste rideau de plastique transparent que prennent d'assaut
ces artistes de la plus belle eau : on jurerait des saumons remontant
la rivière sans retour. À la source de leurs origines. Rien moins
que le reflet poétique de cette émotion primitive qui soudain nous a submergés.
Sublime résurgence, quand étanchera-t-on à nouveau notre soif d'imaginaire
dans ta pureté originelle ? Jérémy BERNÈDE
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