L’Est Républicain
22 octobre 2000

Plume pour rire aux anges
Le retour du cirque plume à Besançon

Catherine CHAILLET

Les spectacles de Plume devraient âtre quasi obligatoires.
Comme les vaccins contre la grippe mais sans distinction d’âges.
"Mélanges", c’est un antidote à l’hiver. Jubilatoire.

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Driing ! Quand au sortir des bras de Morphée on tombe dans les bras d’un ange, pas de doutes on est chez Plume.

Des Plume attendus, comme le bon dieu. Pas de bol, cet ange-là est SDF, sans dieu fixe. Avec "Mélanges" le public attend de tout un peu. Pour cette première soirée à Besançon, après une tournée européenne, les bisontins ont, à suivre l’ange (Jacques Schneider), reçu davantage. "Un ange anar, trop mité pour le mitard, dangereux ange ringard, un ange à l’entre-deux de la mémoire" dit la chanson. parce que Plume chante. Opéra-Plume sous-titrent-ils. Et avec les chants, des sons. Sons prétextes à la prouesse. À l’équilibre.
Maestro, Robert Miny, signe les bonds et les rebonds des notes. D’une époque à l’autre, d’une tendance à l’autre. D’une invention à l’autre. Échos d’hier, de là-bas. Comme ce tableau final, qui fait entrer dans la danse, le souffle enjoué de l’orgue à bretelles.

Des rires à gorges déployées

Mystérieux et léger. Surprenant, fragile et ingénieux. Si les plumes devaient être un son ce serait celui-là, celui d’un pouet-pouet invisible et pourtant si présent.
Le son crisse jusque sous le pas de la fildefériste. Gracile femme (brigitte sepaser) aux exercices d’acier trempé, elle suspend les souffles à un fil.
Mais le fil, c’est l’ange qui en détient les deux bouts. Marionnettiste maladroit il se joue des humains. Provoquant rencontres et coïncidences. Sous l’œil alangui de "Petite Perfection", (Fanny Soriano), Petite Chose électrique qui se bat contre la terre entière et s’accroche au fil du temps. Les amis se retrouvent et se sépare. Les amours se font et se défont. les emmerdes s’ajoutent toujours. Jeux d’ombres à en perdre la tête, le fou, (iris) travaille du chapeau à en perdre la raison. Somptueux pas de deux avec la Femme (Séverine Allarousse). Quête inassouvie d’une sensualité extrème. Ils sont nombreux ainsi, à se suivre.

Passer de l’un à l’autre, pour mieux défendre un art, trapèze, claquette, musique, jonglage, équilibre, trempoline... Pour se jouer des ombres et des lumières. Pour offrir des corps-à-corps affranchis. Des rires à gorges déployées.

"Mélanges" c’est mêler l’illusion et les bouchons de Contrex. le rêve et la réalité. Le futile et l’essentiel.

D’ailleurs en page de garde les Plume préviennent, leur spectacle est "joyeux, coloré, profond, poétique, sale, brouillon, précis, il est comme la vie".
Seulement voilà, nous on aimerait parfois que la vie ressemble davantage à un spectacle de Plume.
C’est pour ça que le public a applaudi des mains et des pieds. A applaudi debout. Longtemps. Alors les Plume ont fait un signe de la main.
Demain.