Sud Ouest
27 mai 2016

Plume, joyeux et virtuose

Plume, joyeux et virtuose {JPEG}


BOULAZAC Le cirque présente « Tempus fugit ? Une ballade sur le chemin perdu » jusqu’au samedi 4 juin sous chapiteau, à la plaine de Lamoura

Une boule lumineuse danse en liberté, au son d’accords de piano. En fond de scène, une bâche découvre une grosse machine crachant fumée et vapeur. Musiciens et acteurs l’entourent, jouent et rythment la fête. Il font un cercle autour d’une voltigeuse qui s’élance dans les airs, toujours plus haut, toujours plus vite.

Invité par l’Agora, le Cirque Plume a planté son chapiteau à la plaine de Lamoura, à Boulazac, où il se produit jusqu’au samedi 4 juin. Il y donne dix représentations de « Tempus fugit ? Une balllade sur le chemin perdu ». Et ce premier tableau reflète déjà tout l’esprit du spectacle.

Créé pour les 30 ans de la compagnie, il revient sur son histoire. non point à travers un récit, mais en introduisant des signes, des références, « des pépites de souvenirs », comme le dit si bien Bernard Kudlak, le directeur. Elles ont comme point de départ Besançon et la Franche-Comté industrielle, l’usine transportée sur le plateau de manière symbolique. Pour s’en évader très vite. Car le cirque est « un poème en acte ».

Le geste et la musique
Il propose une succession de tableaux. Joyeux, virtuoses, ils s’enchaînent en une construction rigoureuse, une machinerie bien huilée après trois ans de tournées. Du cousu main, aurait-on envie de dire. L’esthétique est raffinée. Dans sa précision, le geste dialogue avec la musique, omniprésente.

Dans « La symphonie des verres », l’acrobate danse sur des tubes, accompagnée par des sons cristallins, qui renforcent l’impression de fragilité. La roue Cyr emporte dans un tourbillon vertigineux, aux multiples figures. Plume joue avec les ombres derrière un grand rideau blanc. Un clown y pénètre, capture le soleil et le pose sur son visage pour se faire le nez rouge.
De vastes scènes impliquant les 13 artistes de la compagnie alternent avec des duos et solos qui déchainent les rires. Le public entre d’emblée dans le spectacle. Malgré la taille du chapiteau et ses gradins de 1000 places, on ressent une impression de proximité, on partage une émotion authentique avec les artistes. Dans l’enthousiasme, elle s’est traduite, dès le premier soir, mardi, par une ovation debout.

Chantal Gibert